Silence

Silence

(2016)


XVIIème siècle, deux prêtres jésuites se rendent au Japon pour retrouver leur mentor, le père Ferreira, disparu alors qu’il tentait de répandre les enseignements du catholicisme. Au terme d’un dangereux voyage, ils découvrent un pays où le christianisme est décrété illégal et ses fidèles persécutés. Ils devront mener dans la clandestinité cette quête périlleuse qui confrontera leur foi aux pires épreuves.
Réalisateur :
Martin Scorsese
Nationalité :
Mexique/Japon/Italie/États-Unis
Durée du film :
2h41
Date de sortie :
08/02/2017
Acteurs :
Andrew Garfield (Père Sebastião Rodrigues)
Adam Driver (Père Francisco Garupe)
Liam Neeson (Père Cristóvão Ferreira)
Tadanobu Asano (L'Interprète)
Y'a-t-il un bonus de générique ?
Non
Genre(s) du film :
Historique
Drame
Le regard de L'écran
Coup d'oeil du critique
Scorsese décide enfin d’aborder la religion catholique, qui l’obsède, avec sérieux (le projet a germé une vingtaine d’années dans la tête du maître). 
Son dernier-né, Silence, aborde un sujet sensible, l’apostasie. A travers cela, le monumental réalisateur touche à plusieurs problématiques depuis longtemps clarifiées, mais pas évidentes pour...
Éléments potentiellement choquants :
Image macabre détaillée
Emprise psychologique grave
Violence simple montrée
Violence aggravée suggérée
Violence aggravée montrée
Sadisme ou torture suggérée
Sadisme ou torture montrée
Attitudes ou propos potentiellement choquants à l'égard du catholicisme
Note technique :
Récompenses :
Médaille du chercheur de sens
Cette médaille récompense les films qui mettent un point d'honneur à poser des questions existentielles, philosophiques ou théologiques.
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  • Aspirant

 Silence

Ma première idée était de garder de le silence, ne rien dire ni écrire d’autre qu’un « Allez-y », pour ne pas dévoiler l’intrigue…
J’observe d’ailleurs qu’avec ce titre énigmatique, c’était aussi certainement la volonté de l’auteur du roman éponyme, comme celle du réalisateur.
Silence, quel silence ?
Je n’en dirai pas plus mais, même si l’action se situe dans le Japon du XVIIe siècle, ce film est malheureusement, mutatis mutandis, d’une terrible actualité.
Ce long-métrage très dense, cette histoire, qui relève de l’ Histoire, vous « interpelle » - comme on dit maintenant – vous assaille de questions que vous ne pourrez pas manquer de vous poser et de poser.
Tout en faisant silence sur les plus fondamentales, je pense au refus de Georges Brassens de « mourir pour des idées » :
« Les dieux ont toujours soif, n’en ont jamais assez
Et c’est la mort, la mort toujours recommencé’… »
Mais en l’occurrence s’agit-il d’ « idées » ? mourir pour des « idées » ?
Et même de « mourir », ou de laisser d’autres mourir?

Se faire torturer et ne pas trahir, c’est de l’héroïsme, mais s’interdire de trahir en voyant - et en assumant - les autres se faire torturer ?
Est-ce de la fidélité ou de l’orgueil ?
Rodrigues a-t-il anachronisé la chanson de Lama :
Seul, tout seul
Pas plus que le Fils de l'homme
Au pied du calvaire
Qui sait que sa mort ne peut
Que servir l'orgueil de son Père

Et si c’est de la fidélité, celle-ci reste-t-elle légitime ou ne pousse-t-elle pas le spectateur que nous sommes à la révolte ?
Et la révolte contre qui ?
Oui, je m’interroge sur la volonté réelle du réalisateur, et de l’auteur.

Ce film illustre en tout cas, davantage que superficiellement, l’apophtegme sur l’enfer « pavé de bonne intentions ».

Mon épouse qui ignorait tout du film avait prévu, au retour, un dîner asiatique…
Remercions Bouddha, les plats étaient chinois et non pas japonais,
puisque, constatons-le pour conclure, il s’agit, une fois de plus, d’un film à charge contre les Japs.
… … … Mais le saké était quand même là pour nous remonter le moral !